Les « voisins vigilants » – un nouveau concept ?

Le ministre de l’Intérieur espère convaincre un maximum de communes d’adhérer à cette démarche de « participation citoyenne ». Pas gagné.

Logo voisins vigilants

Inspiré du concept anglo-saxon « neighbourhood watch » (« surveillance de quartier »), le dispositif « voisins vigilants » existe en France depuis 2007 dans le but, surtout, de lutter contre les cambriolages. Une cinquantaine de communes des Alpes-Maritimes ont tout d’abord fait office de cobayes, avant de passer le relais, entre autres, au Nord, au Haut-Rhin ou encore à la Drôme, où plusieurs élus ont à leur tour accepté de faire le test. Au total, selon le ministère, le dispositif, qui associe en théorie autant les services de police que ceux de gendarmerie, avait déjà été expérimenté en juin ans 29 départements.

 

En quoi consiste le dispositif « voisins vigilants » ?

« Chacun a intérêt, quand il est absent, à voir son bien préservé » confie d’emblée au « Nouvel Observateur » un représentant de la gendarmerie interrogé à la mi-octobre. Celui qui préfère l’appellation « participation citoyenne » à celle de « voisins vigilants » définit le dispositif comme « un contrat moral entre gendarmes et habitants, une union autour de valeurs communes de cohésion et de respect. » Quant à son application concrète, elle se traduit selon lui, sans plus de précisions, par « tout  signalement de quelque chose d’anormal chez un voisin absent. » Lequel alerte alors la gendarmerie, et accélère ainsi l’intervention.

Mais qu’entend-on par « quelque chose d’anormal » ? « Dans les petites communes, tout le monde se connaît et chacun connaît les horaires et la voiture de son voisin » poursuit le gendarme, avant d’illustrer ses propos par un exemple : « si on voit passer une voiture qu’on ne connaît pas, on la remarque. Si elle repasse 5 minutes plus tard, cela ne nous échappe pas, et si elle repasse une fois de plus on peut trouver cela anormal et appeler les gendarmes. » Le fait de penser à ramasser le courrier de son voisin quand il est en vacances peut aussi, selon lui, trouver sa place dans le dispositif.

Est-il nécessaire de mettre en place un tel dispositif pour penser à ramasser le courrier de son voisin ou signaler aux forces de l’ordre quelque chose de troublant ? « C’est vrai que ça s’est toujours fait, surtout dans les petites communes » admet le gendarme, avant d’ajouter « le dispositif permet de s’engager concrètement, l’acte est plus fort. »

2. Quel est le but du dispositif ?

Il a pour vocation de « rassurer la population, améliorer la réactivité des forces de sécurité contre la délinquance d’appropriation et accroître l’efficacité de la prévention de proximité » écrit Claude Guéant dans sa circulaire. Il y précise également que « l’effort doit être porté dans les quartiers, les lotissements ou les zones pavillonnaires régulièrement touchés par des phénomènes de délinquance multiformes (cambriolages, démarchages conduisant à des escroqueries, dégradations et incivilités diverses) mais aussi dans les villages ou
secteurs plus ruraux pour lutter contre le sentiment d’insécurité. »

Ce dispositif ne risque-t-il pas, au contraire de créer un climat particulier de suspicion, voire d’inciter à la délation ? Aucunement, selon le gendarme, qui se défend de tout espionnage et ne voit aucun inconvénient « à ce qu’on regarde ce qu’il se passe par chez (lui) en son absence ». Qu’a-t-il à répondre à ceux qui y voient un retour aux sombres heures de l’histoire ? « Il faut choisir son camp. L’idée est de se protéger les uns les autres, ça n’a rien à voir avec de la délation ou quoi que ce soit d’autre. On est là pour lutter contre la délinquance. »

Tel est effectivement l’objectif assumé du ministre. Dans sa circulaire, après avoir rappelé que « l’amélioration de la sécurité des Français est une priorité de la politique de l’Etat », il mentionne qu’il entend « développer (…) les actions partenariales susceptibles d’amplifier l’efficacité de la prévention de la délinquance. »

3. Quelle différence avec le « neighbourhood watch »?

Contrairement au dispositif anglo-saxon de « neighbourhood watch », le dispositif « voisins vigilants » ne comporte pas la mise en place de patrouilles ni de « rondes citoyennes. »

4. Vers un système de « voisins référents » ?

Par ailleurs, si le représentant de la gendarmerie précise que « personne n’est répertorié » et que les volontaires ne sont pas listés, la circulaire mentionne que « police et gendarmerie devront pouvoir alerter les ‘voisins vigilants’ de la détection d’un phénomène de délinquance visant le quartier ou le secteur considéré ». Difficile, à priori, à mettre en place sans fiches contacts. « L’idée est seulement de contacter les gens du village de manière générale » répète le même gendarme.

La circulaire, encore, assure que des « travaux juridiques sont en cours » pour consolider le dispositif, et le ministre affirme, sans plus de précisions non plus, que ceux qui le souhaitent pourront « bénéficier du statut juridique de collaborateur occasionnel du service public prévu par la LOPPSI du 15 mars 2011. » « Ce n’est pas encore en place » répond le gendarme, évoquant seulement « un voisin référent, comme un auxiliaire, qui pourra faire l’objet d’un accord particulier. » Comment serait-il choisi ? Le gendarme se veut rassurant : « sa probité, sa moralité seront préalablement vérifiés, il faut que ça soit quelqu’un de confiance. »

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111018.OBS2762/les-voisins-vigilants-comment-ca-marche.html

 

La plateforme et solution mobile H2H Feelsafe peut servir aux « référents » et aux « protégés » pour communiquer s’il y a un problème, et éventuellement alerter la police ou gendarmerie.

 

 

 

 

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