De La E-Santé à la Santé connectée

Introduction

Les frontières sont de plus en plus brouillées dans le monde de la santé connectée et il devient difficile, voire aléatoire, de faire une distinction absolue entre les dispositifs, applis (cf H2H Feelsafe) et objets connectés utilisés dans le domaine du bien-être, dans celui de  la santé et dans celui de l’exercice  de la médecine. Le débat qui s’ouvre autour de la régulation de la santé mobile impose cependant d’en définir les différentes composantes et de rappeler quelles sont les activités d’ores et déjà réglementées.

Les recommandations du Conseil national de l’Ordre des médecins

Dans le Livre Blanc du Conseil national de l’Ordre des médecins, un ensemble de six recommandations sont fournies relatives à la santé connectée :

1. DÉFINIR LE BON USAGE DE LA SANTÉ MOBILE AU SERVICE DE LA RELATION  PATIENTS-MÉDECINS

2. PROMOUVOIR UNE RÉGULATION ADAPTÉE, GRADUÉE ET EUROPÉENNE

3. POURSUIVRE L’ÉVALUATION SCIENTIFIQUE

4. VEILLER À UN USAGE ÉTHIQUE  DES TECHNOLOGIES DE SANTÉ CONNECTÉE

5. DÉVELOPPER LA LITTÉRATIE NUMÉRIQUE

6. ENGAGER UNE STRATÉGIE NATIONALE  DE E-SANTÉ

Le document est téléchargeable via le lien https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf.

 

 

 

 

La santé connectée : une chance ou pas pour la médecine ?

La santé connectée peut avoir des aspects inquiétants pour certains mais a certain avantages indéniables. Voyons en quoi cela peut aider et quels sont les dangers éventuels.

Se savoir en bonne santé ou pas

Alors que l’Homme est capable d’expliquer le monde qui l’entoure, et de mettre en équations des phénomènes complexes, l’individu ne connait que trop peu l’état de son corps et de sa santé à un instant précis.

« Suis-je en bonne santé ?  Ai-je besoin d’aller chez le médecin ? »

Nous n’obtenons de réponses à ces questions qu’à l’occasion d’une visite chez le médecin. Or nous y allons en moyenne seulement quatre fois par an (3), et il faut souvent prendre rendez-vous plusieurs semaines à l’avance.

Peut-on considérer que faire un point sur sa santé quatre fois par an est suffisant ? La réponse dépend évidemment beaucoup de l’état de santé de chacun. Toutefois, les objets connectés permettent aujourd’hui d’avoir un suivi régulier et personnalisé de sa santé.

L’e-santé comme garant de l’autonomie et de la sérénité

Notre société vieillit de jour en jour et le nombre de personnes nécessitant un suivi médical personnalisé et régulier augmente par la même occasion. Cela explique l’émergence d’acteurs de la « silver économie » (4). Les instruments médicaux de demain visent à simplifier les interactions entre le personnel médical, les patients et leurs proches. Bien utilisés, les bénéfices attendus sont d’alléger le personnel médical débordé, de rassurer les familles et de préserver l’autonomie des patients.

L’e-santé comme outil pour le médecin

Alors que j’emmenai ma fille aux urgences, heureusement pour quelque chose qui s’avéra sans incidence, j’ai échangé avec un médecin qui m’expliqua tout le bien qu’il voyait de pouvoir analyser de chez lui des radios ou autres éléments médicaux afin de pouvoir diagnostiquer à distance. Mais l’objectif des objets connectés n’est pas de diagnostiquer des pathologies ou de pousser à l’automédication mais principalement de donner un aperçu complet des signes vitaux de l’utilisateur. Les futures visites chez le médecin, agrémentées de donnés mesurées au quotidien, seront plus efficaces, permettront de déceler et de traiter des pathologies qui aujourd’hui ne sont repérées que trop tard. Les médecins obtiendront un suivi plus régulier et plus adapté de leurs patients, et disposeront de plus de données pour établir leur diagnostic.

Quid des problématiques de sécurité des données ?

Nombreux sont les sceptiques quant à la sécurité de leurs données. Le « big data » dans le domaine de la médecine pourrait permettre de grandes avancées, mais l’éthique médicale oblige les autorités législatives à s’adapter à ce nouveau phénomène. Des organisations comme l’ASIP santé (Agence des Systèmes d’Information Partagés de santé) sont mandatées pour s’assurer de la sécurité de nos données personnelles de santé. Les dispositifs médicaux connectés devront respecter des conditions strictes pour garantir à l’utilisateur la protection de ses données. À l’heure où les fabricants d’objets connectés orientés « bien-être »  s’approchent de la frontière du médical, la question de la sécurité des données constitue un critère de choix essentiel pour les utilisateurs.